Olivier Chéreau — celui qui met les gens autour de la même table

Je l’ai rencontré au lycée de Bonneville, venu parler du vignoble savoyard à mes élèves avec une énergie presque déconcertante. Une dégustation, quelques échanges… et cette sensation immédiate d’avoir face à moi quelqu’un qui croit aux vins de Savoie comme peu de gens. Olivier Chéreau ne laisse pas indifférent. Et c’est sans doute aussi pour ça qu’il compte autant aujourd’hui.

La première fois que j’ai rencontré Olivier Chéreau, il était venu au lycée hôtelier de Bonneville parler du vignoble savoyard à mes élèves de terminale. Je me souviens des vins, évidemment, mais surtout de lui. De l’énergie, de la fougue. de cette manière de parler des vins de Savoie comme s’il fallait convaincre la planète entière avant la fin de l’heure. Olivier ne parle pas du vignoble savoyard avec distance il le défend, il le pousse et il le secoue, mais avant tout il y croit comme peu de gens que j’ai rencontrés y croient.

Après la dégustation, on a discuté et je suis repartie avec cette sensation très simple : ce type-là n’est pas là pour faire de la figuration.

Qu’on l’aime ou pas…

Dans les semaines qui ont suivi, j’ai parlé de lui à plusieurs vignerons, curieuse de savoir comment le personnage était perçu… Et là, j’ai compris quelque chose :

Les avis pouvaient être très différents. Olivier ne fait visiblement pas partie de ces gens lisses sur lesquels tout le monde tombe gentiment d’accord, mais une phrase revenait… encore et encore… « Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, il est devenu incontournable. »

Et franchement, je trouve que ça lui va plutôt bien parce qu’Olivier Chéreau est exactement ce genre de personnage. Il prend de la place, il a des idées bien définies, Il les défend, mais il fait surtout quelque chose que beaucoup annoncent et que peu réussissent vraiment : il fait bouger les lignes.

Le caméléon du vin

Formateur, sommelier, organisateur, expert, homme de réseau… Essayer de mettre Olivier dans une case est probablement le meilleur moyen de le rater. Il navigue entre la formation, la sommellerie, les concours, les vignerons, les restaurateurs et les événements avec une facilité assez déconcertante. Un jour avec des élèves, le lendemain entouré de professionnels, puis au milieu de dizaines de vignerons à Jour Fruit… Toujours avec la même énergie, avec cette envie de connecter les gens.

C’est peut-être là que se trouve sa vraie force. Olivier connaît beaucoup de monde, bien sûr, mais surtout, il sait mettre les bonnes personnes autour de la même table ! Et dans le monde du vin, ce talent-là vaut de l’or.

Jour Fruit, évidemment

Impossible de parler d’Olivier sans parler de Jour Fruit. Ce salon raconte probablement mieux le personnage que n’importe quel CV.

Au départ, une idée. Un pari. Ensuite des vignerons, des sommeliers, des restaurateurs, des professionnels venus de tout l’arc alpin et au fil des éditions, un rendez-vous qui prend une place de plus en plus importante dans le paysage des vins de montagne.

Ça ressemble beaucoup à Olivier. Voir grand, rassembler, prendre des risques et ensuite faire en sorte que ça fonctionne. Parce que derrière la fougue, il y a aussi un vrai talent de chef d’équipe, il sait embarquer les gens dans ses idées. C’est probablement un héritage du rugby : le collectif, le défi, le goût du terrain et cette conviction qu’on gagne rarement tout seul.

Il marche à l’instinct

Quand je lui ai présenté un projet sur lequel je travaillais, j’avais préparé mon joli dossier, mes explications, mes arguments… Première page, il ne dit rien. Je commence la deuxième, il avait déjà dit oui.

J’ai presque eu envie de lui rappeler qu’en principe, on était censés lire jusqu’au bout, mais Olivier fonctionne comme ça. À l’instinct. Il sent les gens, il sent les idées, il aime le défi et quand quelque chose lui plaît, il ne passe pas trois semaines à expliquer pourquoi ça pourrait éventuellement être intéressant.

Et puis il y a les jeunes

C’est probablement là que le personnage m’a le plus intéressée parce qu’au-delà du vin, Olivier croit énormément à la jeunesse. Mais pas de manière théorique, pas avec les grandes phrases sur « les professionnels de demain », il les met en situation aujourd’hui.

Il les pousse, les challenge, leur ouvre des portes, leur donne accès à des professionnels, à des concours, à des expériences auxquelles ils n’auraient pas forcément imaginé avoir leur place et surtout, il attend beaucoup d’eux. Il ne les protège pas du défi.

Un homme qui compte dans les vins de Savoie

Parce qu’un vignoble ne grandit pas seulement grâce à ceux qui font le vin. Il grandit aussi grâce à ceux qui le défendent, le racontent, créent des rencontres, donnent de la visibilité aux vignerons et donnent envie à une nouvelle génération de s’y intéresser. Olivier fait partie de ceux-là, avec son énergie, avec ses convictions avec ses coups de folie parfois. Et cette capacité assez rare à faire croire aux autres qu’une idée très ambitieuse est finalement parfaitement réalisable.

Visiblement, ce n’est que le début.

Avec Olivier, j’ai surtout l’impression qu’il y aura toujours un prochain défi. Une idée à lancer, un projet à secouer, des jeunes à embarquer ou un vignoble à défendre encore un peu plus fort et franchement, j’adore ça. Alors forcément, je me pose la question :

Qu’est-ce qu’il va encore inventer ? Jusqu’où va-t-il aller ?

Je n’en sais rien, mais j’ai vraiment hâte de connaître la suite.

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